Association Française de Zootechnie

French association for animal production

In memoriam 2020-2024

Claude Béranger

Les adhérents de l’Association Française de Zootechnie sont affectés par le décès de Claude Béranger, survenu le lundi 4 novembre 2024 à l’âge de 88 ans. Il fut notre président pendant 7 ans de 1993 à 2000, dans une période marquée par la montée des premières interrogations sur les impacts environnementaux de l’élevage, sa place dans la société et les crises sanitaires. C’est sous la présidence de Claude que l’AFZ a organisé l’exposition « Des animaux bien élevés » qui a été un franc succès.

La brillante carrière de Claude s’est construite tant à l’INRA qu’au contact des services ministériels, des organismes professionnels, et de l’Académie d’Agriculture. Ce fut un grand « commis de l’état » au service du bien commun, statut dont il était fier et qu’il s’était volontairement construit. Nous retiendrons ici les éléments les plus importants de son remarquable parcours qu’il a lui-même décrit dans un entretien transcrit dans les Archorales de l’INRA, revue référencée et disponible à tous (cliquez ici pour télécharger cet entretien).

Né en 1936, Claude a démarré sa carrière à l’INRA de Jouy-en-Josas en 1957 après un diplôme d’ingénieur agronome (P54). Il a développé des recherches sur les systèmes herbagers pour les ruminants et a été précurseur des travaux sur l'engraissement des bovins à l'herbe, notamment dans ses recherches au Domaine du Pin au Haras dans les années 1960. Ce sont encore des thèmes d’actualité ! En 1964, il a rejoint l’Auvergne accompagnant Robert Jarrige et son équipe pour construire ce qui deviendra le Centre de Recherches Zootechniques et Vétérinaire de Theix internationalement reconnu dans le monde des ruminants, qui fait partie aujourd’hui du centre INRAE Clermont-Auvergne-Rhône-Alpes. Il restera toujours fortement attaché à cette racine auvergnate et en a tiré les conséquences. Il a ainsi joué un rôle moteur dans le programme Aubrac de relance de la race du même nom et le développement de ce territoire Auvergnat, qui déjà associait sciences techniques et sociales au sein d’un vaste projet coopératif. Ce programme a permis de tracer un avenir pour cette race rustique, en soulignant l’intérêt de l’ancrage au terroir, en dépit des orientations plus productivistes de l’époque. Cette approche territoriale et sociale a toujours été au cœur de ses préoccupations et de ses projets de recherche en élevage. Mais avec d’autres collègues, il a également été très impliqué dans la conception et l’écriture de l'ouvrage « Alimentation des Ruminants »de 1978 notamment pour ce qui concerne les bovins à viande. Cet ouvrage était très novateur à l’époque.

En plus de cette carrière scientifique très productive à l’INRA, Claude a enchainé les directions scientifiques et administrative avec, en particulier, une étape au Ministère de l’Agriculture de 1981 à 1983 qui l’avait fortement marqué, comme conseiller technique de la ministre de l’agriculture Edith Cresson chargé des relations avec le Ministère de la Recherche et de la Technologie (J.P. Chevènement).

Retenons qu’il a participé à la création de l’ADAS en 1967, qu’il a été administrateur du Centre de Theix de 1972 à 1976, tout en étant directeur du Laboratoire de Production de Viande de 1973 à 1980, puis chef du département de l’élevage des Herbivores en 1984, puis Directeur scientifique du Développement Agricole à la Direction de l’INRA en 1986, Président du Centre de Paris en 1990 et Chargé de mission à la DADP (Délégation à l’agriculture, développement, prospective) en 1995. Il a ainsi recruté et formé de nombreux chercheurs actuels d’INRAE et nombreux sont ceux, dont certains en position de responsabilité, qui lui doivent beaucoup.

Claude était connu pour être passionné et rigoureux sur le plan professionnel tout en étant très humain et très proche de tous, comme à l’INRA avec les techniciens animaliers, les techniciens de laboratoire, les stagiaires, les chercheurs et les personnels administratifs comme sur le terrain auprès des éleveurs. Toujours soucieux de l’impact des recherches, il cherchait également à construire des relations fortes avec le monde professionnel, les Instituts Techniques et la société en général afin de s’assurer du transfert des résultats de la recherche selon le concept « recherche-action ».

Il a animé ainsi les conseils scientifiques de l’Institut Technique de l'Élevage Bovin (ITEB) devenu aujourd’hui l’Institut de l’Elevage, et d’Arvalis, anciennement Institut Technique des Céréales et des Fourrages (ITCF). Il a siégé au Comité national des produits agro-alimentaires de l’INAO et a été Président du Comité scientifique du GIS Alpes-du-Nord.

Depuis fin décembre 2006, il était également membre de l’Académie d’Agriculture de France et a parrainé plusieurs futurs académiciens.

Claude a reçu plusieurs distinctions dans sa carrière (Légion d’honneur, Ordre national du mérite, commandeur du mérite agricole) qui témoignent du caractère exceptionnel de celle-ci. Il aimait raconter lors de moments festifs (diners par exemple) les anecdotes qui ont émaillé son parcours en captivant son auditoire.

Sa carrière devrait aujourd’hui servir d’exemple et il va nous manquer.

Jean-François Hocquette, Jacques Agabriel, René Baumont, Jean-Louis PeyraudPatrick Chapoutot

Daniel Sauvant

  • Cet hommage à Daniel Sauvant est disponible ci-dessous en français et en anglais et téléchargeable au format PDF en français ou en Anglais.
  • This tribute is published in French and English below, and is available as a PDF file in English or in French.

 

Notre collègue, ami et Vice-Président, le Professeur Daniel SAUVANT nous a quittés le 19 mai 2022 à l’âge de 76 ans.

Daniel SAUVANT a été enseignant-chercheur en nutrition et alimentation animale de 1970 à 2011 à l'Institut National Agronomique Paris-Grignon (INA-PG) devenu AgroParisTech. Il y est resté Professeur Emérite jusqu’en 2021.

Il a occupé de nombreuses responsabilités tout au long de sa carrière :

  • Directeur du Laboratoire INRA de Physiologie de la Nutrition et Alimentation, devenu l’UMR AgroParisTech-INRAE « Modélisation Systémique Appliquée aux Ruminants » (MoSAR), de 1985 à 2010
  • Président du Département des Sciences animales de l'INA P-G de 1995 à 2006
  • Président de l'Association Française de Zootechnie de 2000 à 2014 et Vice-Président depuis lors
  • Membre de l'Académie d'Agriculture de France depuis 1995 et de l'Académie Vétérinaire de France depuis 2015
  • Membre de plusieurs comités d'experts français (AFSSA, ANSES, CIIAA...) et internationaux

Daniel SAUVANT était un enseignant brillant, passionné par la transmission des connaissances. Doué d'un exceptionnel esprit de synthèse, il combinait dans ses enseignements un solide corpus de faits biologiques, des concepts rigoureux de quantification et de modélisation des phénomènes, et une approche pratique de l'alimentation des animaux d'élevage et de la conduite des troupeaux. Au cours de sa carrière, il a formé plus de 1000 étudiants Zootechniciens et suscité de nombreuses vocations dans le domaine des Sciences animales. Il s'est également beaucoup investi dans la formation continue et dans le conseil auprès des professionnels de l’alimentation animale ; ses interventions et la simplicité de son contact étaient toujours très appréciées.

Les travaux de recherche de Daniel SAUVANT ont profondément marqué le domaine de la nutrition et de l'alimentation animale. Cette activité extrêmement foisonnante et cohérente dans le temps s’est traduite par près de 1000 publications, dont 400 articles dans des revues à comités de lecture, c’est-à-dire en moyenne 8 articles par an en 52 ans de carrière !

Parmi ces travaux, on retiendra deux contributions majeures. D'une part, il a eu un rôle de premier plan dans la conception des systèmes d’unités d’alimentation animale, notamment pour les ruminants, avec leur traduction concrète dans les fameuses "Tables INRA", depuis leur première édition en 1978 jusqu'à leur dernière en 2018 à la fin du célèbre projet « Systali ». D'autre part, il fut un précurseur en matière de modélisation dans le domaine des sciences animales et il a su, de façon résolue et visionnaire, imprimer à son unité de recherche INRAE MoSAR une orientation "modélisation" qui lui est aujourd'hui très largement reconnue.

Au sein de l’AFZ, durant sa présidence, Daniel SAUVANT a été le promoteur de travaux qui font la notoriété de notre association. Il fut l’instigateur des Tables vertes parues en 2002 dont le succès fut tel qu’elles furent traduites en anglais, espagnol et… chinois. Toujours soucieux de faire évoluer les concepts et les outils, il accueillit une dizaine d’années plus tard avec enthousiasme l’idée de transformer l’ouvrage papier en un site web (Feedtables.com) accessible à tous. En 2006, il avait déjà contribué à l’émergence du projet de Tables Régions Chaudes devenu depuis le site mondialement connu Feedipedia.

Daniel SAUVANT, dans son souci de transmission, a toujours été particulièrement attentif à la réalisation des Journées d’études de l’AFZ . Il ne se contentait pas de réfléchir aux thèmes à aborder et de construire les programmes : chaque fois qu’il le pouvait, il préparait une communication et animait le séminaire.

Enfin, c’est sous sa présidence que le prix de thèse de l’AFZ a été lancé en 2008 : une belle façon d’encourager des parcours de recherche exceptionnels.

Daniel SAUVANT a également largement contribué aux activités de l’EAAP, en tant que membre du Conseil, représentant des pays francophones à l’Assemblée Générale et comme membre de la Commission Nutrition Animale pendant de nombreuses années. Il a reçu le prestigieux « Leroy Award » en 1996 ainsi que le « Distinguished Services Award » en 2013 lors du congrès de Nantes.

Un point moins bien connu de l'activité de Daniel SAUVANT est en lien avec ses racines ardéchoises, dont il était fier. Il était très impliqué dans la vie locale et écrivait régulièrement des articles pour une revue culturelle et historique. Il est notamment l’auteur d’un article consacré à l'œuvre d'Olivier de Serres (1539-1619), que l'on qualifie souvent de « père de l'agronomie française ».

Daniel SAUVANT était également féru de généalogie et avait retracé l’histoire de sa famille sur près de 5 siècles. De plus, passionné de patronymie, il excellait à appliquer dans ce domaine ses compétences en modélisation et analyse de données. Il se régalait, à chaque rentrée universitaire, à deviner les origines géographiques associées aux noms des étudiants, sous leur regard ébahi et admiratif.

C'est un grand scientifique qui disparait. Son souvenir nous accompagnera toujours et nos pensées affectueuses vont à sa famille.

Au nom de tous ses collègues,

Patrick Chapoutot1,3, Sylvie Giger-Reverdin2,Valérie Heuzé3, Jean-François Hocquette2,3, Christelle Loncke1, Rafael Munoz-Tamayo2, Claire Rogel Gaillard2, Gilles Tran3, Etienne Verrier1

1 AgroParisTech ; 2 INRAE ; 3 AFZ

English version

Our dear colleague, friend and Vice-President, Professor Daniel Sauvant passed away on 19 May 2022 at the age of 76.

Professor Daniel Sauvant taught nutrition and animal feeding from 1970 to 2011 at Institut National Agronomique Paris-Grignon (INA-PG), which became AgroParisTech in 2007. When he retired, he stayed on as Emeritus Professor for more than 10 years, until his death.

He held many responsibilities throughout his career:

  • Director of INRA Laboratory of Nutrition Physiology and Feeding systems, which became AgroParisTech-INRAE MoSAR research unit (“Modélisation Systémique Appliquée aux Ruminants”, “Systemic modeling applied to ruminants”), from 1985 to 2010
  • President of Department of Animal Science at INA P-G from 1995 to 2006
  • President of the French Association of Animal Productions (AFZ, “Association Française de Zootechnie”) from 2000 to 2014
  • Member of the French Academy of Agriculture since 1995 and of the French Veterinary Academy since 2015
  • Member of several French and international expert committees

Daniel Sauvant was an extremely brilliant pedagogue, with a passion for knowledge transmission. Gifted with a great ability to synthetize, he combined a solid corpus of biological facts, rigorous concepts of quantification and modeling of phenomena, and a practical approach applied to animal feeding and livestock management. During his life long career, he trained more than 1000 students in animal science and inspired many vocations in animal nutrition. He also invested a lot of time in continuing education and in advising professionals in this sector; his interventions and his very approachable manner were very much appreciated.

Daniel Sauvant's research work has had a profound impact on the field of animal nutrition and is internationally recognized. This extremely abundant and consistent activity has resulted in nearly 1000 publications – written with more than 180 collaborators and cited about 5.000 times – including 400 in peer-reviewed journals, i.e., an average of 8 articles per year over his 50 year-career!

Among these works, two major contributions stand out. On the one hand, he played a leading role in the conception of animal feed unit systems, especially for ruminants, with their concrete application into the famous "INRA Tables", from their first edition in 1978 to their last one in 2018 at the end of the famous “Systali” project. On the other hand, he was a precursor in the field of animal science modeling and he knew, in a resolute and visionary way, how to give his INRAE research unit (MoSAR) a "modeling" orientation that is now widely recognized.

As President of the French Association of Animal Production (AFZ), Daniel SAUVANT promoted several projects for which our association is so well-known today. He was the instigator of the famous “Green Tables” published in 2002, which were so successful they were translated into English, Spanish and... Chinese! A decade later, always concerned with the evolution of concepts and tools, he enthusiastically welcomed the idea of transforming the paper book into a website (www.feedtables.com) accessible to all. In 2006, he contributed to the emergence of the “Tables des Régions Chaudes” project, which resulted in the world-famous website www.feedipedia.org, an encyclopedia of world animal feedstuff resources. In 2008, the “AFZ PhD award” was launched: a fine way to encourage exceptional research careers.

Always keen to pass on cutting-edge scientific knowledge to professionals, Daniel SAUVANT made sure AFZ seminars were held regularly. Not only did he propose topics to be discussed and design the programs, he also frequently prepared one or several communications or chaired and moderated these seminars.

Daniel Sauvant has largely contributed to the activities of the EAAP as member of the Council and as French representative at the General Assembly, he had been also member of the Animal Nutrition Commission for several years. He received the prestigious Leroy Award in 1996 and the Distinguished Services Award in 2013.

Another less well-known aspect of Daniel Sauvant's activity is related to his roots in the Ardèche region, in Southern France, which he was proud of. He was very involved in the local life and regularly wrote articles for a cultural and historical magazine. He is notably the author of an article devoted to the work of Olivier de Serres (1539-1619), who is often described as the "father of French agronomy".

Daniel Sauvant was very fond of genealogy and traced the history of his family over nearly 5 centuries.
He was also passionate about patronymics, and excelled in applying his modeling and data analysis skills to this field. At the beginning of every school year, he enjoyed guessing the geographical origins associated with the names of his students, before their amazed and admiring gaze.

A great scientist is gone. Our thoughts are with his family, his close collaborators and everyone he worked with.
On behalf of all his colleagues,

Patrick Chapoutot1,3, Sylvie Giger-Reverdin2,Valérie Heuzé3, Jean-François Hocquette2,3, Christelle Loncke1, Rafael Munoz-Tamayo2, Claire Rogel Gaillard2, Gilles Tran3, Etienne Verrier1

1 AgroParisTech ; 2 INRAE ; 3 AFZ

Jean Lossouarn

Jean Lossouarn

Le Professeur Jean Lossouarn nous a quittés le 26 août 2021, à l’âge de 75 ans. Depuis 2015, il profitait de sa retraite dans sa maison de Lohuec, dans la Bretagne rurale de son enfance qu’il aimait tant. De lui, nous garderons le souvenir d’un homme, d’un ami et d’un grand professionnel de la zootechnie.

Son parcours fut exceptionnel : fils d’agriculteur, et ne parlant que le breton, il découvrit la langue française à son entrée à l’école. Il poursuivit une scolarité brillante au collège de Guerlesquin, puis à l’école régionale d’agriculture des Trois Croix, devenue Lycée agricole du Rheu, où ses enseignants le convainquirent de poursuivre son cursus vers les classes préparatoires, qu’il fit à Saint-Louis. Il intégra l’Institut National Agronomique (aujourd’hui AgroParisTech) en 1967, à temps pour participer aux remises en cause des institutions universitaires en mai 1968. Son diplôme obtenu, Jean Lossouarn partit comme coopérant civil en Algérie, puis intégra à son retour l’équipe du Céréopa, bureau d’études dirigé par le professeur Julien Coléou au sein de la Chaire de zootechnie de l’INA. Devenu enseignant chercheur en 1977, il fit partie pendant près de quarante ans d’une équipe de zootechniciens talentueux. Enseignant très investi dans sa mission de transmission des savoirs, apprécié par des générations d’étudiants, il sut créer et mettre en place des actions pédagogiques originales autour de situations concrètes. Il fut aussi un chercheur passionné par les enjeux du développement rural en France et à l’international – Afrique et Amérique du Sud en particulier, ainsi qu’un intervenant actif dans le monde professionnel agricole, capable d’enthousiasmer une salle entière de techniciens en production laitière du Finistère en leur parlant breton !

Au cours de sa longue carrière, Jean Lossouarn a été amené à exercer différentes responsabilités. Il a été pendant de nombreuses années l'animateur d'une Unité de Formation et de Recherches de l'Agro (Développement des Filières Animales), tout en étant pendant treize ans vice-Président du Département des Sciences Animales de l'Agro. Il a aussi œuvré pour la création d'une Unité Mixte (UMR) entre l'Agro et l'INRA. Il a par ailleurs été le représentant de l'Agro auprès du pôle expérimental de la ferme de La Haizerie (Calvados), en coanimation avec l'ITCF (aujourd’hui Arvalis). Cette responsabilité l'a amené à concevoir, suivre et interpréter des expérimentations sur les bovins en croissance et les vaches laitières.

Capable d’une analyse hors normes et doué d’une faculté de synthèse tout aussi étonnante sur des sujets complexes, Jean Lossouarn n’a jamais perdu de vue les réalités de l’élevage et de l’agriculture sur le terrain. Sa capacité à saisir les enjeux en prenant à la fois les aspects généraux et particuliers d’une situation était aussi impressionnante que modestement énoncée. Jean n’était jamais suffisant ou pontifiant, et accueillait chaque réflexion avec une remarquable ouverture d’esprit tout en gardant ses propres convictions.

L’homme était aimable, jovial, d’humeur égale dans les bons jours comme dans les mauvais. Il avait toujours un mot gentil à dire. Le souvenir de ses grands éclats de rire est réjouissant. Jean était un conteur et un poète, il chérissait la langue, les langues : le Breton comme le Français. Il était aussi un remarquable passeur d’histoires et d’Histoire. Sa mémoire était phénoménale. L’ami était fiable, disponible et prêt à rendre service et à écouter quand on avait besoin d’un éclairage ou d’un conseil.

Jean nous manquera ; nous garderons son sourire et sa jovialité en mémoire. A sa famille, nous adressons toutes nos condoléances.

Kenavo Jean !

Emmanuelle Bourgeat, Patrick Chapoutot, Jean-Yves Dourmad, Valérie Heuzé, Jean-François Hocquette, Philippe Lescoat, Catherine Mariojouls, Daniel Sauvant, Gilles Tran

Nous avons organisé le 11 mars 2022 dans l'Amphithéâtre Tisserand, au siège d'AgroParisTech 16 rue Claude Bernard à Paris, un hommage au Pr Jean Lossouarn, décédé le 26 août 2021.

Vous trouverez ici la vidéo de cet hommage, les textes des témoignages qui y ont été dits, et le montage photos qui a accompagné le déroulé. 

En 2009, Jean avait écrit pour la revue POUR (Groupe Ruralités, Éducation et Politiques) un article intitulé L'enseignement de la zootechnie, ou la recherche du lien entre science et action. Cet article est disponible en ligne gratuitement sur Cairn.info.

Souhaitant que ces documents permettent de partager cet hommage avec ceux qui n'ont pu y participer, et avec tous ceux qui souhaitent se souvenir de Jean Lossouarn, grand zootechnicien, formidable professeur, et collègue et ami si cher.

Les collègues de Jean Lossouarn, UFR "Développement des filières animales

 

 

Jacques Delage

Jacques Delage est décédé le 30 Octobre 2020 à l'âge de 97 ans et ses obsèques ont eu lieu le 5 Novembre[1] dans la plus stricte intimité familiale, compte tenu du contexte sanitaire. Résumer l'activité de Jacques Delage en un hommage concis est une gageüre, mais en homme très organisé qu'il était, il avait écrit deux biographies (2010[2] et 2019[3]) que nous conseillons de consulter pour mieux apprécier l'œuvre immense de notre Maître. Nous nous attacherons à l'essentiel de son action qui était marquée par son souci permanent de donner vie au triptyque « Enseignement-Recherche-Développement». Après de brillantes études couronnées par une sortie en 1946 en tant que major de l'INA[4], Jacques Delage, séduit par l'enseignement et les activités de son charismatique Maître, le Professeur André Max Leroy, décide de faire carrière dans la Zootechnie. Après avoir franchi les différents grades de la hiérarchie, il lui succède en 1964.

Un Enseignant passionné et passionnant

Les cours de Jacques Delage se caractérisaient par une grande clarté si bien que même les choses compliquées devenaient compréhensibles ; il adoptait un ton bien à lui, posé et bien rythmé, associé à une diction parfaite et il s'appuyait sur des documents polycopiés clairs et bien illustrés. Son talent pédagogique a séduit des générations d'étudiants. Il a été le dernier Professeur à assurer seul les enseignements d'Alimentation, de Reproduction et de Génétique animales. Dans les années 60 - 70 l'INA a bénéficié d'une équipe de Professeurs remarquables dans le domaine des Sciences Animales, avec Jacques Delage entouré de Julien Coléou, Pierre Charlet et Henri LE BARS. Ces hommes, aux personnalités différentes, savaient se compléter harmonieusement et ont motivé des générations d'Agronomes pour la Zootechnie. A cette époque, leur spécialité de 3e année recrutait environ 15-20% des promotions d'Agros.

Persuadé de l'intérêt de la formation continue pour tisser des relations avec les professionnels des filières animales, Jacques Delage a créé des cours de perfectionnement en alimentation animale (1948) et en aviculture (1959) destinés aux Ingénieurs, Docteurs-vétérinaires, cadres et techniciens des professions intéressées. Ces deux cours (CSAAD et CSA[5]) seront repris par ses successeurs et perdureront une cinquantaine d'années formant ainsi des centaines de stagiaires, il a également contribué, avec Jacques Bougler, au lancement du CSAGAAD[6] qui a fêté ses 50 ans l'an passé. D'autre part, Jacques Delage a compris très tôt l'intérêt et la nécessité du lien Grandes Ecoles-Université et a créé une des premières passerelles en s'associant avec l’Université Paris VI dès 1964 pour une option "Nutrition Animale" du DEA[7] de Nutrition dirigée par le Pr Jean Trémolières.

Jacques Delage a cherché a donner une dimension internationale à ses activités d'enseignement, ses principales réussites sont (1) sa contribution à la création d'un enseignement zootechnique pour les Pays méditerranéens à l'IAMZ-CIHEAM[8] de Saragosse et (2) l'accompagnement du démarrage de l´Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II et la mise en place de ses programmes, en collaboration avec notamment Raymond Ferrando, Directeur de l'ENVA à l'époque, et localement avec Abdellah Bekkali, le premier Directeur de cet Institut. Notons que le Maroc a ainsi fait ce que la France n'avait encore jamais réussi, créer une filière de formation mixte "Agro-Véto". Il s'en est suivi un fructueux programme de collaboration de formation en Zootechnie sur plusieurs décennies avec des échanges réguliers d'étudiants et d'enseignants entre les deux Institutions. A propos de ces échanges saluons au passage le rôle essentiel de notre collègue Fouad Guessous, élève de Jacques Delage à l'INA, pendant toute sa carrière à l'INAV H II, couronnée par la fonction de Directeur de cet Institut.

Un chercheur éclairé

Convaincu de l'intérêt du lien symbiotique entre Recherche et Enseignement Supérieur, Jacques Delage a conduit ses premiers travaux, au sein du laboratoire du Pr Leroy. Ce laboratoire dynamique était alors un véritable "incubateur" de futurs talents, parmi eux se trouvaient notamment Jacques POLY et Raymond FEVRIER, futurs Directeurs Généraux de l'INRA. Ses premières recherches ont été principalement consacrées à l’énergétique alimentaire, à l’alimentation azotée et la production des vaches laitières. Voulant tracer sa propre route, il a créé en 1964 son laboratoire sur la nutrition des ruminants en association avec l’INRA . Ce Laboratoire, qu'il a dirigé jusqu'en 1975, a perduré jusqu'à ce jour à travers l'UMR AgroParisTech-INRAe "MoSAR[9]. Il en suivait les activités et avait été ravi du rôle majeur joué par cette UMR dans la création des nouveaux Systèmes d'Alimentation des Ruminants (INRA 2018). Par ses recherches, Jacques Delage a écrit de nombreuses publications et communications dans des colloques nationaux et internationaux. A ce propos, très jeune il a donné une dimension internationale à ses travaux en participant aux activités de la Fédération Européenne de Zootechnie (FEZ-EAAP[10]), créée en 1948 par le Pr Leroy. Dans cette Institution, il a été notamment Président de la Commission Production Bovine puis Vice-Président du Conseil de la FEZ. Il a contribué en outre à l’organisation des congrès mondiaux de zootechnie tenus à Paris en 1949 et 1971. La « Distinction pour services éminents » de la FEZ lui a été décernée en 1993.

Un acteur fidèle du lien avec le Développement de l'Elevage

Jacques Delage a toujours tissé des liens étroits avec les secteurs professionnels, notamment pour mieux finaliser ses activités d'enseignement et de recherche, pour vivre concrètement le lien Science-Technique et pour assurer un meilleur placement de ses étudiants. Dans ce domaine, le tandem Jacques Delage - Julien Coléou fonctionnait à merveille ! Pour concrétiser ce lien et être reconnu il était pour lui essentiel de tenir un rôle d'acteur au sein des milieux professionnels. Trois exemples peuvent témoigner de cet état d'esprit. (1) Jacques Delage a participé en 1946 au lancement de la "Revue de l’Elevage", qui fut dans ce secteur la première revue spécialisée à grand tirage et pour laquelle il a été pendant près de trente années le rédacteur en chef. (2) Jeune enseignant, il participait au contrôle laitier de Seine-et-Marne. Motivé par cette organisation, il a exercé les fonctions de secrétaire des syndicats de contrôle laitier (1947-1954), puis de secrétaire général de l'UNLG[11] depuis sa création en 1959 jusqu’en 1996. Une partie de ces services était abritée au sein même de l'INA. (3) Enfin, Jacques Delage aimait à rappeler qu'il participait chaque année au jury du concours de la meilleure laitière du CGA au SIA[12].

Un talent d'organisateur au service de la haute administration

Un grand Directeur de l’Institut National Agronomique Paris-Grignon : en 1975, Jacques Delage est nommé à ce poste, il a exercé cette fonction pendant près de 15 ans. Il s'est largement engagé pour achever de "cimenter" les deux anciennes Ecoles de Paris et Grignon, en particulier à travers la création des Départements d'Enseignement et de Recherches. Au cours de cette période, il a assuré également la responsabilité du concours commun d’admission à l’INA-PG et aux autres ENSA. Il a aussi travaillé à la rénovation des programmes des classes préparatoires et diversifié les recrutements de ces Ecoles. Sur le centre de Grignon, Jacques Delage a contribué à créer le CBAI[13] et y a transféré la station de recherche INRA de Bioclimatologie. Plus largement, il a contribué à la création du nouveau centre INRA GMP[14]. Il a également réorganisé la ferme expérimentale en une vitrine des techniques avancées pour les nombreux visiteurs professionnels et scolaires, par ailleurs il a mis en place une chaîne de transformation du lait et établi un circuit court avec une boutique de vente de produits issus de la ferme de Grignon et des fermes des Lycées Agricoles français.

Le porteur de l'habilitation des Doctorats : lorsqu'on considère l'ensemble des activités de Jacques Delage on ne peut être que frappé par son attirance pour des fonctions organisationnelles où il excellait. En effet, outre les nombreuses responsabilités évoquées précédemment, il a assumé la fonction de chargé de mission pour l’enseignement supérieur auprès du DGER[15] au Ministère de l’Agriculture (1970-1975). Il pu ainsi influer l'orientation des structures de l’Enseignement Supérieur Agronomique avec notamment le renforcement de ses liens avec la Recherche et les Universités. Sa principale réussite à ce poste a été le développement des formations doctorales dans les sciences agronomiques, avec l’habilitation des Ecoles d’Ingénieurs relevant du Ministère de l’Agriculture à délivrer le diplôme de Docteur-Ingénieur (1975) puis le Doctorat (1988) avec les conséquences très favorables au positionnement international de ces Ecoles. Devenu ainsi un des spécialistes français des formations d’Ingénieurs, il a été invité à siéger au bureau de la Commission des Titres d’Ingénieurs (1976-1992), notamment pour aider à mieux définir le partenariat Grandes Ecoles-Entreprises.

Un retraité et Académicien actif

Après son admission à la retraite, de 1991 à 1996, plusieurs missions ont été confiées à Jacques Delage par le Ministère de l’Agriculture sur des questions relatives à l'organisation de différentes filières de formation. Il a en outre joué le rôle de modérateur auprès de la CNECA[16], permettant ainsi l'alignement des statuts des enseignants du Supérieur Agricole sur ceux des Universités.

Dès 1979, Jacques Delage est devenu membre de l’Académie d’Agriculture de France puis Président en 2001, contribuant à en préciser les objectifs « Agriculture, Alimentation, Environnement ». Il a également suscité un rapprochement avec l’Académie Nationale de Médecine avec l'organisation de séances communes. En outre, Jacques Delage a été impliqué dans la préparation du Colloque organisé par l’Académie d’Agriculture de France sur « L’Enseignement agricole, quels apports à la société ? » qui s’est tenu à l’UNESCO en 1999, avec 500 participants, et dont il a tiré la synthèse. Il s’est aussi attaché à initier des séances communes, notamment sur le bien-être animal et sur la traçabilité, avec l’Académie Vétérinaire de France dont il est devenu membre en 1984 puis Président en 1995. Notons qu'il a été au XXe siècle la seule personne à avoir été Président de ces deux Académies. Il a notamment amorcé au cours de cette année de seconde présidence une actualisation des statuts et du règlement intérieur, et a procédé à une analyse de l’état du développement des recherches dans les Ecoles Nationales Vétérinaires. Après son mandat de Président il a continué ses activités en animant à l’Académie Vétérinaire les Commissions « Elevage et Productions animales » et « Elevage et Santé publique ».

Un Jubilé remarquablement organisé en 1996 par Julien Coléou et François MARCHON, à été l'occasion à de nombreuses personnalités françaises et étrangères de retracer les multiples facettes de son exceptionnel parcours professionnel. Le bilan de ses activités lui ont aussi valu d’être Commandeur du Mérite Agricole (1988) et promu Commandeur de la Légion d’Honneur (2001).

Jacques Delage a fait preuve d'une solide santé et d'une vitalité exceptionnelle à des âges où la plupart ont "décroché". Jusqu'à des temps récents il échangeait avec ses anciens collègues et semblait prendre un malin plaisir à leur poser des questions souvent remarquables par leur précision et leur opportunité. Enfin à plus de 90 ans il a continué à rédiger des textes et à présenter des discours étonnants de fraîcheur et de bon sens.

Travailleur infatigable, Jacques Delage a eu la chance de pouvoir combiner une grande intelligence, une fantastique mémoire et un exceptionnel sens de l'organisation. Ces qualités impressionnaient ses collaborateurs et interlocuteurs et créaient d'emblée une certaine distance. Il était doué d'une infaillible cordialité et a régulièrement fait preuve de qualités humaines indéniables. On peut dire qu'il a fait un parcours "sans faute" et, quand on considère l'ensemble de son œuvre, on se demande comment il a pu tout réussir et on ne peut être qu'admiratif et se sentir très humble... Il nous parait aussi essentiel d'associer à cet hommage sa secrétaire de toujours, Madame Denise KYSELY-BORELLY. En effet, c'est en grande partie grâce à cette assistante particulièrement efficace et organisée que Jacques Delage a pu conduire de front ses nombreuses activités, et ce jusqu'à des temps très récents.

Plus que tout autre il aimait l'Agro et la perspective de la vente des glorieux sites de Paris et de Grignon engendrait en lui une certaine nostalgie et lui faisait craindre que l'Ecole y perde en partie son âme et son prestige.

Avec le décès de Jacques Delage, la France perd un de ses grands Zootechniciens du XXe siècle et un acteur majeur de son Enseignement Supérieur Agronomique.

Daniel Sauvant et Jean Lossouarn

 

[1] Au cimetière du Montparnasse

[2] Document réalisé à l'occasion de l'inauguration de la Salle Jacques Delage à AgroParisTech.

[3] Archoriales INRA n°19; https://belinra.inrae.fr/index.php?lvl=notice_display&id=185280

[4] Institut National Agronomique, devenu INA Paris-Grignon (INAPG) après la fusion entre les deux écoles en 1970, puis AgroParisTech en 2007.

[5] Cours Supérieur d'Alimentation des Animaux Domestiques et Cours Supérieur d'Aviculture construit conjointement avec l’ENV d’Alfort et l'Institut Technique de l'Aviculture.

[6] Cours Supérieur d'Amélioration Génétique des Animaux Domestiques.

[7] Diplôme d'Etude Approfondies (= Master 2 actuellement).

[8] Mediterranean Agronomic Institute of Zaragoza et Centre International de Hautes Études Agronomiques Méditerranéennes.

[9] Modélisation Systémique appliquée aux Ruminants.

[10] European Association of Animal Productions devenu récemment European Association of Animal Science.

[11] Union Nationale des Livres Généalogiques

[12] Concours Général Agricole au Salon International de l'Agriculture à Paris

[13] Centre de Biotechnologie Agro-industrielle

[14] Grignon-Massy-Paris

[15] Directeur Général de l'Enseignement et de la Recherche

[16] Commission Nationale des Enseignants-Chercheurs de l'Agriculture.

Louis-Aimé Aumaître

Louis Aimé Aumaître (photo INRA, DIST, Jean Weber)

Louis-Aimé Aumaître est né en 1935 dans un petit village du Bourbonnais, Saint Agoulin, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Après avoir été en classe préparatoire à Clermont Ferrand, il a intégré Grignon en 1957. Là, il a été séduit par ses enseignants en Zootechnie ainsi que par les conférences que les chercheurs INRA de Jouy-en-Josas venaient régulièrement faire. Il a donc décidé d'entrer à l'INRA en 1959-60 et a été recruté à la Station de Recherches sur l’Elevage des Porcs dirigée alors par Alain Rérat. Son début de carrière a été freiné par sa mobilisation en Algérie en tant que Lieutenant de réserve à la période très troublée de fin de la guerre (1961-1962). Cette expérience l'a fortement marqué, car il l'évoquait assez souvent, elle lui a sans doute permis de se forger une vision de la vie et de démontrer des qualités humaines qui lui ont certainement servi au cours de sa carrière.

Toute sa carrière de chercheur s’est déroulée à l'INRA. D’abord à Jouy-en-Josas où il a notamment participé avec Alain Rérat et Yves Henry au lancement des Journées de la Recherche Porcine en 1969, et a contribué régulièrement aux débats de ces journées qui se sont imposées comme un des principaux congrès mondiaux sur la Production Porcine (52 éditions à ce jour). Puis, vers 1975-80, il a été avec Yves Henry, nouveau directeur de la Station de Recherches Porcines, lui étant directeur adjoint, un acteur majeur de la construction du nouveau centre de recherches de Rennes-Saint-Gilles dans le cadre de la politique de décentralisation de l’INRA. Sa carrière a continué à progresser en grade et en responsabilités, particulièrement grâce à ses travaux sur les bases physiologiques des techniques de sevrage précoce des porcelets. Il a aussi été un pionnier des recherches sur l’impact de la production porcine sur l’environnement et sur le bien-être animal. Sa production scientifique soutenue, avec plus de 150 publications scientifiques internationales, lui a permis d’être cité près de 2000 fois dans la bibliographie mondiale par ses pairs. Cette notoriété, acquise très tôt, a abouti à sa nomination à l’INRA, comme Chef du Département de Recherches sur la Nutrition et l'élevage des Monogastriques, charge qu’il a exercée de 1985 à 1994. A ce poste difficile d'animation de la Recherche il a su se faire apprécier grâce à une culture scientifique très étendue, à son respect des hommes et à son indéniable charisme.

Aimé Aumaître a été un fidèle représentant français à la Fédération Européenne de Zootechnie (EAAP). Il en est devenu Président et a œuvré de 2000 à 2004, succédant en tant que français au professeur A.M. Leroy, créateur de la FEZ et premier président de l’Association en 1949. Ses connaissances globales en Zootechnie, ses qualités humaines, son sens de l'organisation et sa maitrise des langues étrangères lui ont permis d'être un Président très apprécié. Il avait été nommé Président d'Honneur de cette association au congrès de 2019.

Aimé Aumaître était membre titulaire de l'Académie Vétérinaire de France depuis 1993 et Membre correspondant de l'Académie d'Agriculture de France depuis 1995. Son domicile en province et ses soucis de santé ne lui ont pas permis d'être souvent présent après 2004, cependant il n'hésitait pas à faire connaître son avis lorsque le thème abordé relevait de sa compétence. Il était Commandeur du Mérite Agricole et Chevalier de l'Ordre National du Mérite.

Aimé Aumaître a eu une belle carrière de chercheur, ayant su associer la rigueur scientifique à une véritable ouverture d'esprit et des qualités humaines rares qui l'ont fait apprécier des très nombreuses personnes qu'il a eu l'occasion de croiser et côtoyer. Il est décédé après une longue et cruelle maladie le 24 septembre 2020.

Daniel Sauvant et Bernard Sève